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Baisse de moral en confinement : de l'importance de se plaindre

On aborde la 3ème semaine de confinement.

Je dois dire que je n'ai pas vu passer les 2 premières semaines...

Je télétravaille quelques heures par jour, et le reste des journées s'écoule à peu près de la même façon, selon une petite routine mise en place au fur et à mesure.

Rien de bien spécial : petit-déjeuner, jeux et activités, préparation du repas et repas, sieste ou temps calme (pour moi aussi souvent), goûter, sortie dans la cour de l'immeuble, jeux, préparation du repas et repas, pyjama, les dents, histoires et au lit ! Ça file !

Le confinement est l'occasion de profiter de ses enfant, de son/sa conjoint.e, et souvent c'est très chouette.

Mais ce sont aussi 24h/24 passés ensemble, dans un petit espace nous concernant, et avec de jeunes enfants.

Et parfois il y a des coups de moins bien, des jours "sans"...

Je sais qu'il y a bien pire que nous : tous les gens malades pour commencer, gravement ou moins sévèrement, qui luttent pour guérir et qui ont peur du pire ; tous les soignants qui font face à l'épidémie , submergés et inquiets, peut-être résignés sur la probabilité de tomber malade eux aussi ; tous les gens seuls en confinement et qui en souffrent, ou pire, tous ceux forcés d'être avec leur bourreau à chaque minute ; toutes les personnes qui vivent dans un logement insalubre, miteux, bien trop petit, ou tout simplement dans lequel ils ne se sentent pas bien...

J'ai bien conscience de tout ça, et je savoure un peu tous les jours mon appartement douillet, à mon goût, où je me sens en sécurité physique et affective.
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cour d'immeuble pour sortir pendant le confinement : coronavirus covid-19
La cour de l'immeuble et ses beaux dessins à la craie...

Et pourtant, parfois ça craque. En fin de semaine j'ai broyé du noir pendant 2 jours, ma patience (déjà pas phénoménale en temps normal) était aux abonnés absents et j'avais envie d'envoyer mes enfants sur Mars. Mon conjoint aussi un peu...

Je me sentais étouffée, oppressée, par les 12 453 "Maman" de la journée, leurs petites mains qui m'agrippent, leur besoin constant d'attention, leurs décibels trop élevés...

J'avais vraiment besoin de me plaindre, de déballer mes petits malheurs auprès de quelqu'un.
De trouver une oreille (ou deux c'est encore mieux !) compatissantes, qui sauraient m'écouter, simplement m'écouter et me laisser déverser ma plainte.

- Sans vouloir me démontrer que tout va bien dans ma vie et que je n'ai pas de raison concrète de me plaindre (je le sais !!).
- Sans vouloir trouver des solutions à mes problèmes, petits ou grands.
- Sans se moquer gentiment de moi et parler d'autre chose pour me changer les idées.

Juste me laisser parler, compatir, me faire me sentir légitime. Et entourée.

J'ai trouvé cette paire d'oreilles ce weekend (un grand merci à elle !) et ça fait un bien fou.

A peine le téléphone raccroché je me sentais plus légère, moins en colère, moins frustrée. En plus j'étais dehors et le fait de marcher en même temps  m'a permis de secouer ma carcasse et laisser partir ma mauvaise humeur, sans rancune.

J'ai retrouvé ma sérénité et j'ai pu rentrer chez moi auprès de mon conjoint et de mes 2 petits cocos, qui ne m'apparaissaient plus comme des vampires suceurs de sang et d'énergie, mais comme des êtres aimés.

Le confinement n'en est qu'à ses débuts (ou a la moitié, qui sait?) et je sais qu'il y aura bien d'autres passages à vide, comme chez chacun d'entre nous j'imagine.

Je sais maintenant qu'à défaut d'avoir mes échappatoires habituels (voir d'autres gens, sortir, prendre du temps pour moi toute seule...)  j'ai une issue de secours, deux oreilles pour m'écouter sans me juger. Pour me réconforter. Et ça m'aide à envisager la suite.

Je souhaite sincèrement à chacun et chacune d'avoir une paire d'oreilles pour l'écouter aussi, de temps en temps, quand la coupe est pleine.

Parce qu'on est des êtres sociaux épris de liberté, et que tourner en rond dans une cage, même dorée, rend forcément zinzin à un moment ou à un autre.

Courage à tous, et haut les cœurs !









Commentaires

  1. Oui, toutes les "douleurs" se doivent d'être dites et entendues, sans jugement, quand bien même il y en a de plus grandes ailleurs.
    C'est un peu les montagnes russes des émotions ce confinement; ici aussi, je passe par tous les états, même si globalement, ça se passe bien avec mes enfants.
    Bon courage! (et si les 2 oreilles attentives ne suffisent plus, écrire fait grand bien aussi...)

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  2. Merci pour ton message, effectivement les montagnes russes ça me parle aussi ! C'est vrai que ça fait du bien d'écrire, tous les moyens d'expression sont à saisir...

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