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Confinés à 4 dans 65 m² : les mauvais côtés

Comme chaque médaille a son revers, après avoir listé les bons côtés de ce confinement, je pense maintenant au moins bon. 
Je ne m'étendrai pas sur les vraies drames de l'épidémie, on les a malheureusement bien en tête et je ne suis ni scientifique, ni sociologue, ni économiste, ni spécialiste quelconque pour partager avec vous un point de vue novateur ou du moins intéressant. 

Non, de façon tout à fait autocentrée (mais n'est-ce pas le principe d'un blog ?) je ne parlerai que des mauvais côtés que je vois moi, dans mon quotidien.

1 ) Le manque de sociabilité. 

Même si la technologie nous permet de faire "comme si" avec des vidéo conférences pour le travail, et des apéros skype-whatsapp-messenger (rayez la mention inutile, ou pas) avec nos proches, parler avec quelqu'un en vrai, dans les yeux, et le toucher, me manque beaucoup.
Pas que je sois quelqu'un de particulièrement tactile, loin de là. Je suis réservée, timide, mais avec mes ami.e.s j'aime ces contacts chaleureux, même a minima, de bises ou de câlins quand l'envie nous prend. 

On vivait déjà dans une société hygiéniste dans laquelle on se touchait très peu. C'était vu comme étant intrusif, voire carrément oppressant ou agressif. Pourtant dans beaucoup de pays une main sur l'épaule ou une accolade sont totalement anodins et font partie de la culture des peuples (je ne parle pas bien sûr de harcèlement sexuel, et le seul fait que j'y pense et que je le mentionne en associant les deux me fait froid dans le dos).

Quand on sera sorti de cette épidémie, j'ai peur qu'on soit encore plus frileux à l'idée de toucher la peau d'autrui, ses microbes, ses miasmes, beurk.
Je pense aux personnes qui vivent seules ce confinement et je mesure ma chance d'avoir mon conjoint et mes enfants à toucher, enlacer, bisouiller. C'est très important pour mon moral !

2 ) L'oppression 

J'aime mon appartement et je m'y sens bien. Mais il n'est pas immense... Pas de jardin bien sûr, mais surtout pas de pièce pour s'isoler une heure tranquille. Notre chambre à coucher, que j'interdisais aux enfants jusque là (avec plus ou moins de réussite) leur est grande ouverte en ce moment. Quand bien même je déciderais de m'y enfermer un moment, les entendre jouer et crier derrière la porte rend tout isolement complètement illusoire.

Souvent ça va, c'est chouette. Mais parfois c'est trop. Surtout qu'à certains moments ils se mettent en mode sangsue les petits machins. Pour rigoler, ils s'agrippent à ta jambe un par un ou les deux en même temps et ils ne veulent plus te lâcher... Ça peut me faire péter un plomb très vite. Ça m'oppresse physiquement, j'ai envie de les décoller violemment et de m'enfuir en courant. J'essaie plutôt de les décrocher en douceur et de prendre sur moi, pendant qu'ils se poilent à côté... 

Et sortir 2 minutes, même sur le palier, souffler un coup avant de "revenir dans l'arène".

3 ) Le retour en force du jetable

Dans un autre registre, ça me déprime de voir que tous les efforts qu'on faisait jusque là pour réduire nos déchets sont mis de côté. Le compost collectif est fermé, et je redécouvre à quel point les épluchures de fruits et légumes pèsent lourd dans nos poubelles.
Les contenants vrac sont refusés pour des raisons d'hygiène et les sacs et barquettes à usage unique refleurissent dans notre cuisine, j'ai l'impression qu'ils me narguent ! 

4 ) Les interrogations sur l'après confinement

Tout le monde imagine le "monde d'après", et ce qu'il pourrait être. Moi j'ai surtout peur qu'il soit comme le monde d'avant. Et que passés les premiers mois post covid, nos dirigeants nous annoncent faussement désolés qu'ils n'ont pas le choix que de relancer la machine, encore plus fort. Que pour soutenir l'économie on reparte de plus belle : consommer, jeter, re-consommer. A une ou deux nuances près pour contenter les électeurs. 

J'ai peur que le peuple, les peuples, (donc moi aussi) acceptent un retour à ce qu'on a connu, acceptent de refermer les yeux une fois que le danger sera passé et refassent l'autruche jusqu'à la prochaine catastrophe. J'espère sincèrement que non. Mais j'en doute.

5 ) La peur que ça recommence

Et enfin j'ai peur que cet état des choses : virus - pandémie - confinement  ne soit pas quelque chose d'unique dans nos vies, mais que cela se reproduise 1 fois, 2 fois, 5 fois...
Enfant j'ai grandi avec la certitude que je connaitrai jamais la guerre ni de grandes catastrophes et plus je vieillis, plus cette foi vacille. Je m'inquiète de ce que vivront mes enfants.

Voilà, j'ai listé plus de côtés négatifs que de côtés positifs la dernière fois mais c'est bien l'article sur les bons côtés que j'ai publié en premier.
Même si tout ça me pèse en ce moment, j'ai une nature foncièrement positive (et quotidiennement négative, une plaie) et je m'efforce surtout à ne pas me faire trop de scenario quand il n'y a tant d'inconnu.

Et vous, de quel côté penche votre balance en ce moment ?

Commentaires

  1. Nous avons cette chance infinie d'avoir un jardin, et de pouvoir trouver un espace chacun où s'isoler dans la maison.
    Je suis heureuse de partager ces journées là avec les miens, mais parfois ma solitude me manque, je dois bien le dire.
    Et je suis comme toi, je vois le retour du jetable, et ça m'effraye. Mais peut-être moins que de constater que nous sommes dans une situation inédite où 7 milliards d'êtres humains n'ont pas la moindre idée de la façon dont ça va réellement se terminer... (comment ça, je plombe l'ambiance??)

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    1. Pouvoir s'isoler est vraiment important de temps à autre. Pendant un petit coup de mou cette semaine, je suis sortie 1 heure avec l'excuse d'aller à la boulangerie (qui était fermée ;) ) ça m'a fait beaucoup de bien !

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